Vies fictives de Wilcock

De son vivant, Juan Rodolfo Wilcock (1919-1978) accomplit un certain nombre de prouesses : il vécut de part et d’autre de l’Océan Atlantique, à Buenos Aires puis à Rome, villes capitales de chacun des hémisphères où il écrivit des livres en espagnol et en italien, et se lia d’amitié avec la fine fleur de l’intelligentsia artistique de son temps — là-bas, Borges, Bioy et Ocampo ; ici, Pasolini (il joua le rôle de Caïphe dans son Évangile selon saint Matthieu), Moravia et Morante. En revanche, il dut attendre d’être mort depuis un an déjà pour que lui soit enfin accordée la nationalité italienne, nationalité qu’il avait demandée cependant qu’il n’était pas encore sous la terre fantôme sans os. Mais il est vrai que l’État a toujours un temps d’avance sur la vie. Continuer à lire … « Vies fictives de Wilcock »