Le nez dans la fiction

Mario Bellatin aime mettre en scène les corps difformes. Des clients en décomposition de Salon de beauté (1994) aux jumeaux Kuhn, nourrissons simultanément manchots et culs-de-jatte que se disputent des candidates au statut de mère adoptive dans Leçons pour un lièvre mort (2005), en passant par la protubérance nasale de Shiki Nagaoka (2001), figure apocryphe de la littérature japonaise dotée d’un gigantesque appendice.

Shiki Nagaoka peut faire penser à un récit de vie. Mais il peut aussi s’apparenter à une sorte d’album photographique littéraire. Il déroge en effet à la grande règle de ce type de récit, la linéarité. Il est fait d’estampes et d’une succession de points de vue qui font plutôt de sa lecture un puzzle qu’un film.

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